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Home Objectif & Statuts de l'Association

Webinaire Escarre et Covid

 

La Société Française de l’Escarre a proposé le jeudi 5 novembre en distanciel, une session d’une heure sur le thème « Escarre et Covid ».

Face au succès de cette édition et pour répondre aux nombreuses demandes de personnes qui n’ont pas pu se libérer pour y assister, la session sera réitérée le jeudi 3 décembre prochain de 14h30 à 15h30. Comme lors de la 1ère édition, ce webinaire restera en accès gratuit.

 

S'inscrire au webinaire "Escarre et Covid"

Webinaire La télémédecine dans la prise en charge des plaies et cicatrisations

Webinaire La télémédecine dans la prise en charge des plaies et cicatrisations

 

Mardi 8 décembre de 13h à 14h

 

En savoir plus

CONCOURS ANNUEL STOP ESCARRE

logo stop escarre

La Société Française de l'Escarre, comme toutes les sociétés internationales se bat pour la prévention des escarres. Depuis plusieurs années maintenant une journée de novembre est LA journée STOP Escarre : ce sera le 19 novembre 2020

Pour faire connaître les meilleures actions, la Société Française de l'Escarre organise un concours ouvert à tous pour vous permettre de présenter vos travaux.
La date limite d'envoi des dossiers est fixée au 30/06/2021


COMMENT PARTICIPER ?

• Organisez des activités éducatives sur la prévention et le traitement des escarres,

• Organisez des événements de sensibilisation pour partager des informations sur les escarres,

• Activez vos réseaux pour diffuser les informations et partager les connaissances et/ou actions entreprises,

• Participez aux actions de lobbying pour faire connaître la problématique aux décideurs et aux tutelles.

• Ou encore réalisez des documents pour les professionnels ou pour les usagers...et laissez libre court à votre imagination !

 

Envoyez vos actions "STOP Escarre" jusqu'au 30 juin 2021 sur valerie.renaudin@tmsevents.fr

Journées Nationales de l'Escarre

Programme des Journées Nationales de l'Escarre 2021

 

Aux vues du contexte et de la charge de travail actuel des soignants, la Société Française de l’Escarre a décidé de reporter ses Journées Nationales en distanciel au mois de janvier. La date sera déterminée fin novembre.

Enquête nationale concernant la prise en charge des patients porteurs d'escarres en USP

« Merci de votre engagement »

La SFAP et la Société Française de l’Escarre travaillent maintenant ensemble depuis plusieurs mois pour améliorer les connaissances sur l’épidémiologie des escarres en soins palliatifs, et singulièrement en USP. L’enquête nationale a été menée, comme prévu, au cours du 1° trimestre 2020.

Vous avez été particulièrement nombreux à répondre.
La qualité des réponses est exceptionnelle. MERCI à tous de votre travail.

Nous travaillons maintenant à l’analyse des données. Nous serons ainsi en mesure de présenter des résultats exhaustifs très fiables à l’occasion de nos congrès annuels de la SFAP (http://congres.sfap.org/) et aux Journées Nationales de l’Escarre (http://journees-nationales-escarre-2020.gipco-adns.com/).
Venez nombreux pour connaitre et partager les résultats, comprendre les situations des patients et des équipes et pour débuter la réflexion d’élaboration de recommandations de bonne pratique.

Merci à tous,
au plaisir de se rencontrer, …escarrement vôtre !

Docteur Benoit Nicolas -Président de la Société Française de l’Escarre
Docteur Olivier Mermet – Président de la SFAP
Docteur Brigitte Barrois – responsable Société Française de l’Escarre du projet
Docteur Adrien Evin – responsable SFAP du projet


 


La Société Française de l'Escarre sur les réseaux sociaux

PERSE DEVIENT SOCIETE FRANCAISE DE L'ESCARRE

Ressources documentaires

Pourquoi parler du positionnement au fauteuil du sujet âgé dans la prévention et le traitement de l’escarre sacrée ?

  Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 69" - Mars 2016 Pourquoi parler du positionnement au fauteuil du sujet âgé dans la prévention et le traitement de l’escarre sacrée ? F. NOUVEL1*, Dr E. VIO... Read more

Axes d’amélioration dans la continuite de prise en charge de l’escarre de l’hopital au domicile

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 69" - Mars 2016 Axes d’amélioration dans la continuite de prise en charge de l’escarre de l’hopital au domicile Dr J. MOYET, Dr I. DEFOUILLOY CHU Amiens, Méde... Read more

Le MEOPA dans les soins locaux douloureux chez les personnes âgées atteintes de démence sévère à moyennement sévère

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 69" - Mars 2016 Le MEOPA dans les soins locaux douloureux chez les personnes âgées atteintes de démence sévère à moyennement sévère Dr J. MOYET(1), Dr S. LAHA... Read more

L’escarre terminale de Kennedy

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 69" - Mars 2016 L’escarre terminale de Kennedy : à propos d’un cas Dr I. DEFOUILLOY Service de Gériatrie CHU d’Amiens L’escarre est une plaie chronique très ... Read more

Escarres - Les Plaies chroniques

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 69" - Mars 2016 Plaies chroniques : un nouvel outil du programme MobiQual M. S. DOUTRELIGNE(1), Dr Y. PASSADORI(2), Dr A. DE PEUFEILHOUX(3), Pr N. SALLES(4), ... Read more

EPUAP (European Pressure Ulcer Advisory Pannel) - GAND

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 68" - Décembre 2015 EPUAP (European Pressure Ulcer Advisory Pannel) 2015 à GAND B. BARROIS Département Qualité - Gestion des Risques Centre Hospitalier 95 Gon... Read more

Expérience de l’hypnose dans la gestion de la douleur liée aux escarres

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 68" - Décembre 2015 Expérience de l'hypnose dans la gestion de la douleur liée aux escarres M. TIMSIT BONNETClinique de Bourbonne - Provence 13400 Aubagne   ... Read more

La prise en charge des plaies chroniques par télémédecine au domicile des patients

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 68" - Décembre 2015 La prise en charge des plaies chroniques par télémédecine au domicile des patients : une organisation apprenante S. ROBINEAU, A. CHOPIN, A... Read more

Prélèvements bactériologiques des escarres

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 68" - Décembre 2015 Prélèvements bactériologiques des escarres : indications, précautions et techniques C. DUNYACH-REMY1*, J.-P. LAVIGNE 2, A. GELIS3, A. SOTT... Read more

Prévention et traitement de l’escarre

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 68" - Décembre 2015 Prévention et traitement de l'escarre : Maintenir une dynamique au sein d'un EHPAD M.-L. GRANDSIREErgothérapeute - CH Neufchâtel en Bray (... Read more

Enquête nationale décennale de prévalence des escarres PERSE

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67" - Septembre 2015 Enquête nationale décennale de prévalence des escarres PERSE Dr B. BARROIS(1), Dr FA. ALLAERT(2) 1 CH de Gonesse, PERSE 2 CEN Biotech   ... Read more

Epidémiologie des escarres en Etablissements d’Hébergement pour personnes Agées ou EHPAD

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67" - Septembre 2015 Epidémiologie des escarres en Etablissements d'Hébergement pour personnes Agées ou EHPAD Pr N. SALLES1, C. TORRESSAN2 1 Pôle de Gérontolo... Read more

La campagne «Sauve ma peau, maîtriser le risque escarre» en Ile de France

Article extrait de la Revue"ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 ... Read more

Effet du vieillissement sur les propriétés cutanées

Article extrait de la Revue"ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Effet du vieillissement sur les propriétés cutanées : la recherche scientifique. J. DECORPS, Dr B. FROMY Laboratoire biologie tissulaire et... Read more

Escarre - Electrostimulation et Tissus : Comment l’électricité soigne

Article extrait de la Revue"ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Electrostimulation et Tissus : Comment l'électricité soigne Dr MP. ROLS Directrice de Recherche au CNRS Equipe de Biophysique Cellulaire, I... Read more

Avancées technologiques et verrous scientifiques pour le traitement des plaies de pressions profondes

Article extrait de la Revue"ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Avancées technologiques et verrous scientifiques pour le traitement des plaies de pressions profondes Y. PAYANUniv. Grenoble Alpes, CNRS, T... Read more

Le parcours de santé des aînés sur le territoire de Bordeaux

Article extrait de la Revue"ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Le parcours de santé des aînés sur le territoire de Bordeaux B. GEOFFROYARS Aquitaine   Dans le cadre de l'expérimentation sur le parcour... Read more

Retour d'expérience en télémédecine : DOMOPLAIES en Languedoc Roussillon

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Retour d'expérience en télémédecine : DOMOPLAIES en Languedoc Roussillon Dr L. TEOT1, O. SICARD2, Dr C. TRIAL-GERI3 1 Directeur de projet,... Read more

Douleur et escarre : les traitements médicamenteux

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Douleur et escarre : les traitements médicamenteux Dr I. DEFOUILLOY1, Dr J. MOYET11 Service de Médecine Gériatrique CHU d'Amiens   Soula... Read more

La prévention des escarres en Médecine Physique et de Réadaptation

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 La prévention des escarres en Médecine Physique et de Réadaptation Dr C. DELLECI Service de MPR, Pôle de Neurosciences Cliniques, CHU de B... Read more

La prévention des escarres en gériatrie

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 La prévention des escarres en gériatrie Dr JM. MICHEL Pôle de gérontologie clinique, Hôpitaux Civils de Colmar Les études d'incidence et ... Read more

Atelier Prévention de l’escarre en pédiatrie

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Atelier Prévention de l'escarre en pédiatrie Dr D. COLIN 1 - V. FLURIN 2 1 Pôle Régional du Handicap Saint Saturnin-Le Mans 2 Service de R... Read more

Evaluation des escarres

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Evaluation des escarres C. JOUSSELINIDE Equipe Mobile Plaies et Cicatrisation, CHU de Bordeaux L’évaluation de l’escarre doit permettre d... Read more

Escarre - Milieu humide et place des pansements absorbants

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Milieu humide et place des pansements absorbants Dr E. CANDAS - Dr N. FAUCHER - A. PHILIPPE1 1 IDE consultante "Plaies et cicatrisation" ... Read more

Atelier éducation thérapeutique et escarre

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Atelier éducation thérapeutique et escarre Dr D. GOOSSENS1 - Dr A. GELIS2 1 CRF la Tour de Gassies, Bruges 2 Centre Mutualiste Neurologiqu... Read more

Les escarres en fin de vie

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Les escarres en fin de vie F. BALLIET1 - A. CHAYVIALLE2 1 Infirmière experte en plaies et cicatrisations et en prise en charge de la doule... Read more

Escarre- Infection des plaies

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015 Infection des plaies Pr G. GAVAZZI1, M. BARATEAU2 1 CHU Grenoble, 2 IDE expert, CHU Bordeaux   Comment définit-on une escarre infectée ?... Read more

Escarres en réanimation au CH de GONESSE

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Escarres en réanimation au CH de GONESSE M. PIETRZAK Cadre de Santé - CH de Gonesse (95)   PRÉSENTATION DU SERVICE Le service de réanimation... Read more

Prise en charge des escarres en réanimation. Comment s’améliorer ?

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Prise en charge des escarres en réanimation. Comment s’améliorer ? PRÉSENTÉ LORS DU 40ÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ DE RÉANIMATION DE LANGUE FRANÇA... Read more

Gestion des escarres en réanimation pédiatrique

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Gestion des escarres en réanimation pédiatrique E. THUEUX Infirmière, DU Plaies et Cicatrisations, Réanimation néonatale et pédiatrique à l’h... Read more

Incidence des escarres chez des patients atteints de défaillance respiratoire aigue

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Impact du positionnement sur l'incidence des escarres chez des patients atteints de défaillance respiratoire aigue R. GIRARD, L. BABOI, L. AYZA... Read more

Synthèse des Recommandations internationales pour la prise en charge des malades de réanimation

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Synthèse des Recommandations internationales pour la prise en charge des malades de réanimation et de soins intensifs. B. BARROIS CH de Gonesse... Read more

Facteurs de risque d’escarre à la phase aiguë de la lésion médullaire.

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Facteurs de risque d’escarre à la phase aiguë de la lésion médullaire. A. GÉLIS 1,4, A. DUPEYRON 2,3, E VIOLLET 2,3, C. VEROLLET 1, C. MAURI 1,... Read more

Prévention d’escarre : évaluation de la qualité de la prise en charge dans un service d’urgence

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Prévention d’escarre : évaluation de la qualité de la prise en charge dans un service d’urgence M. CROISIER Infirmière, Centre Hospitalier Univ... Read more

Consultation de patient présentant des ulcères de pression

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Consultation de patient présentant des ulcères de pression. Une paraplégie très raide. M. TIMSIT BONNET Clinique de Bourbonne - Provence 13400 ... Read more

Traitement des escarres par photothérapie

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 66"- Juin 2015 Traitement des escarres par photothérapie V. Pailler et T. Raoul Internes de MPR CH Gonesse   INTRODUCTION Les escarres entrainent une augme... Read more

La Certification V2014 et la prise en charge des escarres

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 65"- Mars 2015 La Certification V2014 et la prise en charge des escarres Brigitte BARROIS Médecin MPR, chef du Département Qualité Gestion des Risques au CH d... Read more

Prévention du risque d’escarre par l’utilisation d’échelles d’évaluation

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 65"- Mars 2015 Prévention du risque d’escarre par l’utilisation d’échelles d’évaluation REVUE DE BIBLIOGRAPHIE - ANALYSE DE LA REVUE COCHRANE Tiana RAOUL, V.... Read more

Le Développement Professionnel Continu et la prise en charge des escarres

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 65"- Mars 2015 Le Développement Professionnel Continu et la prise en charge des escarres Yves PASSADORI Médecin Gériatre, praticien hospitalier, directeur méd... Read more

Responsabilité des médecins et des hôpitaux : les escarres

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 65"- Mars 2015 Responsabilité des médecins et des hôpitaux : les escarres Patricia RIBINIK1, Yves PASSADORI2 1 Médecin de Médecine Physique et de Réadaptation... Read more

Projet REFESCAR : Elaboration d’un guide d’aide à la mise en oeuvre d’un programme d’éducation thérapeutique sur le champ de l’escarre.

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 65"- Mars 2015 Projet REFESCAR : Elaboration d’un guide d’aide à la mise en oeuvre d’un programme d’éducation thérapeutique sur le champ de l’escarre. Anthony... Read more

Analyse de l’enquête d’incidence des escarres au CH de Gonesse

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 65"- Mars 2015 Analyse de l’enquête d’incidence des escarres au CH de Gonesse P. BRUN**, C. LE NAVENTURE**, B.BARROIS*, S.MERDINIAN**, R.EUZET**, P. COSTES*, ... Read more

Douleur et escarre : les traitements médicamenteux

Article extrait de la Revue "ESCARRE N° 67"- Septembre 2015

Douleur et escarre : les traitements médicamenteux

Dr I. DEFOUILLOY1, Dr J. MOYET1
1 Service de Médecine Gériatrique CHU d'Amiens

 

Soulager la douleur de l'escarre de facon efficace et durable implique généralement la prescription d'un traitement antalgique. Les molécules préconisées sont maintenant habituellement utilisées dans toute prise en charge antalgique, mais leur efficacité sans iatrogénie associée nécessite de bien les connaître et de savoir respecter certaines règles de prescription spécifiques à l'escarre en s'adaptant aux particularités du patient souvent fragile. Et comme le rappelle la conférence de consensus de Novembre 2001 sur la prévention et le traitement de l'escarre, il convient toujours de privilégier et associer les mesures thérapeutiques non médicamenteuses.

 

1. LA JUSTE PRESCRIPTION MÉDICAMENTEUSE NÉCESSITE DE DÉTERMINER TOUT D'ABORD LES DIFFÉRENTES CARACTÉRISTIQUES DE LA DOULEUR PROPRES À CHAQUE PATIENT PORTEUR D'ESCARRE :

composantes, intensité, périodes d'apparition et durée. Ceci impose une évaluation soigneuse, bien maitrisée et répétée à l'aide d'échelles validées (1). En effet, à chaque composante de la douleur correspondent des molécules antalgiques spécifiques actives sur le mécanisme physiopathologique : la douleur nociceptive possiblement associée à une atteinte neuropathique (périphérique et/ou centrale) et une éventuelle souffrance psychogène secondaire justifient des médicaments différents. Sa durée et sa période d'apparition vont déterminer le type, la galénique et l'heure d'administration de l'antalgique prescrit pour être immédiatement actif et couvrir au mieux l'épisode douloureux(1). Il faut donc distinguer la douleur intense paroxystique de la douleur continue, et analyser la douleur induite par les soins (mobilisation du patient, débridement et détersion de la plaie…) qui peut être immédiate et/ou se prolonger après le soin.

 

2. QUELS TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX PRIVILÉGIER SELON LES COMPOSANTES DE LA DOULEUR IDENTIFIÉE ?

 

A - EN CAS DE DOULEUR NOCICEPTIVE, LA PLUS FRÉQUENTE :

Du fait du trauma tissulaire, les influx douloureux nociceptifs sont générés en périphérie par les terminaisons des fibres amyéliniques dans la peau : les nocicepteurs. Véhiculés par les fibres C et AD vers la corne postérieure de la moelle épinière, puis par le faisceau spino-thalamique, ils atteignent le thalamus et le cortex cérébral pariétal. En cas de douleur induite, une hyperalgésie (sensibilité accrue au stimulus nociceptif) peut se surajouter rapidement. De plus, la présence d'une inflammation libère des substances algogènes (bradykinine, prostaglandines…) qui abaissent le seuil de réaction des nocicepteurs. Pour une douleur nociceptive, il est recommandé (2) d'utiliser les antalgiques non opioïdes, les opioïdes faibles ou forts en respectant les 3 paliers de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Si la douleur est induite, les anesthésiques locaux et le Mélange équimoléculaire oxygène protoxyde d'azote (MEOPA) sont préconisés en complément.

 

• Palier I : les antalgiques non opioïdes si douleur de faible intensité (3)

- l'Acide Acetyl Salicylique (AAA) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont un effet anti-inflammatoire et antalgique de courte durée par inhibition des cyclooxygénases. Les effets secondaires fréquents, notamment gastriques ou à type d'insuffisance rénale fonctionnelle, limitent sa prescription chez la personne âgée, le jeune enfant et en traitement prolongé. L'association de deux AINS est injustifiée. - Le Paracétamol est généralement bien toléré (toxicité hépatique à trop fortes doses), avec un risque d'effets secondaires moindre que l'AAA et les AINS. Sa durée d'action est courte. Sa prescription orale est de 0,5 à 1 g toutes les 4 à 6 heures sans dépasser 4g par jour et ne doit pas être «à la demande». Sa voie intraveineuse (IV), à raison d'1 g toutes les 6 heures, peut être utile en postopératoire ou en cas de troubles de déglutition, sans dépasser 4 g par jour.

• Palier II : les antalgiques opioïdes faibles associés ou non au paracétamol si douleur d'intensité modérée

- le Tramadol : opioïde de type μ, est disponible sous forme orale (50 à 100mg toutes les 6 heures) de libération immédiate, prolongée et injectable (100 mg toutes les 4 à 6 heures). Débuter par des doses de 50 mg chez la personne âgée permet de diminuer le risque de nausées et somnolence liées à l'effet anticholinergique. Un traitement de prévention de la constipation doit être systématique par mesures hygiénodiététiques et laxatifs. - l'association tramadol-paracétamol (37,5mg-325mg) peut être utile chez la personne âgée, ou en cas de petit poids. - l'association codéine-paracétamol (500mg-30mg) est prescrite à la dose d'un comprimé toutes les 4 heures, la codéine se transformant en morphine au niveau hépatique.

• Palier III : les antalgiques opioïdes forts si douleur d'intensité forte (4)

Les agonistes purs agissant sur le récepteur μ, sont privilégiés. En effet, les agonistes partiels (buprénorphine) ont un effet plafond qui limite l'augmentation des doses et l'effet des agonistes purs associés. • La morphine est l'opioïde de référence. La voie orale doit être privilégiée. - le sulfate de morphine à libération immédiate : existe sous forme de comprimé (ex : SEVREDOL*), gélule (ex : ACTISKENAN*), solution buvable (ex : ORAMORPH*). En cas de douleur persistante, elles permettent une titration en débutant la prescription à 5 mg toutes les 4 heures pour passer à une forme à libération prolongée. Cette forme peut anticiper une douleur induite (débridement, détersion). - le sulfate de morphine retard est administré toutes les 12 heures, en comprimés non pilés (ex : Moscontin LP*) ou gélules qui peuvent être ouvertes (ex : SKENAN*) - la morphine injectable : par voie sous cutanée ou IV n'est à prescrire qu'en cas d'impossibilité de déglutition (coma, cancer ORL…) ou de vomissements. Son usage est fréquent au stade de soins palliatifs par seringue autopropulsée. Si le remplacement par la morphine par voie orale est possible, le facteur de conversion recommandé est : dose orale = dose IV x3 = dose sous cutanée x 2.

• Les autres opioïdes forts agonistes :

- l'oxycodone existe sous forme comprimé (OXYNORM*) ou orodispersible (OXYNORMORO) d'action rapide et à libération prolongée (OXYCONTIN*). N'ayant pas de métabolite actif, il entrainerait moins de risque de confusion ou dysphorie en cas d'insuffisance rénale. - l'hydromorphone (SOPHIDONE*) : molécule 5à10 fois plus puissante que la morphine n'existant que sous forme retard (toutes les 12 heures), son usage est limité à la rotation des opioïdes si une tolérance à la morphine s'est installée. - le citrate de fentanyl : d'action rapide intra nasale (INSTANYL*), sublinguale (ABSTRAL*), jugale (ACTIQ*), ou gingivale (EFFENTORA*) est utile en cas d'accès douloureux paroxystique. - le fentanyl : en patch agissant par voie transdermique, dont la durée d'action est de 3 jours, doit être réservé aux douleurs prolongées stabilisées. Cette forme galénique est particulièrement utile en cas d'incapacité ou de trouble de déglutition, mais chez la personne âgée, la dose de début de traitement doit être de 12 μg sous peine d'effets indésirables. Attention aux hyperthermies qui accélèrent le passage du fentanyl et exposent au risque de dépression respiratoire. Les effets secondaires des opioïdes doivent être prévenus et traités dès leur apparition. La constipation est pratiquement systématique et nécessite un traitement préventif, les nausées et vomissements à l'instauration du traitement justifient un traitement antiémétique. Si la somnolence de début de traitement ne disparait pas rapidement, elle peut traduire un surdosage. Le syndrome confusionnel est classique chez le sujet âgé présentant une pathologie neurocognitive. • En cas de douleur liée aux soins (5) : - les anesthésiques locaux, bien que n'ayant pas l'AMM, sont utilisés. L'EMLA 5% (association de lidocaïne et prilocaïne) est appliqués 45mn avant la détersion ou le débridement sous un pansement occlusif. Son efficacité perdure une heure environ. Sa durée de prescription est limitée à 8 applications. Son anesthésie est limitée à 3 mm de profondeur environ. La lidocaïne en spray (XYLOCAÏNE 5%) agit au bout de 3 à 5 mn assurant également une anesthésie de surface pendant plus d'une heure. Lors de soins palliatifs, l'EPUAP préconise le mélange de diamorphine ou de benzamide 3% à un hydrogel en topique local (6). - le Mélange équimoléculaire oxygène et protoxyde d'azote (MEOPA), maintenant sorti de la réserve hospitalière, est une technique de sédation consciente qui permet rapidement (au bout de 3mn) par absorption pulmonaire de prévenir et diminuer la douleur et l'anxiété du patient lors du soin (5). Son utilisation est de plus en plus courante même chez le sujet âgé présentant une pathologie neurocognitive évoluée. Sur prescription médicale, les contre-indications ayant été éliminées, l'administration du MEOPA doit être réalisée par un personnel médical ou paramédical spécifiquement formé. Le patient doit être soigneusement informé et préparé, afin d'optimiser l'anxyolyse et d'éviter l'hyperventilation. Un contact visuel et kinesthésique doit être maintenu. La surveillance par un oxymètre de pouls est recommandée, surtout en cas de prise associée de morphiniques ou benzodiazépines. La durée d'inhalation se superpose à la durée du soin et ne doit pas dépasser une heure en continu. Une interdose d'opioïdes d'action rapide peut être justifiée pour compléter l'anticipation du geste douloureux et éviter un accès douloureux paroxystique.

 

B - EN CAS DE DOULEUR NEUROPATHIQUE :

L'atteinte du derme peut causer des lésions des terminaisons nerveuses périphériques et donc générer des douleurs de composante neurogène. Ces douleurs peuvent être spontanées, continues ou paroxystiques, à type de décharge électrique, brûlure… ou provoquées par la stimulation tactile, thermique (allodynie, hyperalgésies, hyperpathies) associées à des dysesthésies. Le diagnostic posé, il n'y a pas de consensus sur la prescription médicamenteuse ; certains auteurs proposent d'utiliser les traitements en fonction de leur mécanisme d'action sur les caractéristiques de la douleur (action sur les décharges ectopiques, sur la sensibilisation centrale…) (7). Les opioïdes n'ayant qu'une très discrète action dans ces situations, les traitements instaurés sont en première intention les antidépresseurs et les antiépileptiques (débutés au quart de la dose)(8). La titration est nécessaire. Attention à leurs effets secondaires dose dépendants : nausées, vertiges, somnolence…

• Les antidépresseurs :

- les antidépresseurs tricycliques les moins sédatifs comme l'amitriptyline (LAROXYL*) ou le clomipramine (ANAFRANYL*) sont des molécules privilégiées qui ont une efficacité démontrée sur les douleurs continues et paroxystiques(3) et donc l'AMM.La dose initiale recommandée est de 10-25mg le soir avec des paliers d'augmentation de 5mg (sujet âgé) à 25 mg. - les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine / noradrénaline(IRSNA), venlafaxine(EFFEXOR*)ou duloxetine (CYMBALTA*) ont aussi une efficacité documentée et des effets secondaires anticholinergiques bien moindres qui permettent leur prescription chez la personne âgée. Seule la duloxetine a l'AMM. Sa dose initiale est de 30-60 mg augmentée par paliers de 30-60mg. • Les antiépileptiques de nouvelle génération sont privilégiés : - la prégabaline (LYRICA*) moins sédative que la gabapentine (NEURONTIN*) ont une efficacité prouvée sur les douleurs paroxystiques et sur les allodynies (8). La dose initiale de la prégabaline est de 75à 150 mg, augmentée par paliers de 25 mg (chez le sujet âgé)à 75mg en 2 à 3 prises par jour.

 

C - EN CAS DE DOULEUR PSYCHOGÈNE ASSOCIÉE :

L'escarre a un impact physique en cas de douleurs mal contrôlées et/ou si elle limite la mobilité, un impact social par la dépendance aux soins, un impact psychologique potentiel par l'altération de l'image de soi. Malgré les moyens non médicamenteux à visée anxiolytique, la présence d'une anxiété ou la survenue d'un état dépressif peut être constatée et justifier un traitement anxiolytique, antidépresseur ou la majoration des doses d'un antidépresseur déjà prescrit à visée antalgique. La prescription de 2 molécules de la même classe pharmacologique ne relève pas de la juste prescription médicamenteuse (2).

 

3. LES PRINCIPES DE BASE DE PRESCRIPTION DU TRAITEMENT PHARMACOLOGIQUE EFFICACE DOIVENT ÊTRE CONNUS ET RESPECTÉS :

- Prescrire avant l'apparition de l'accès douloureux et être rapidement et longtemps efficace si nécessaire en associant éventuellement des inter-doses ou des galéniques différentes. - Toujours anticiper les douleurs induites par les soins (mobilisation, détersion, réalisation du pansement) à l'aide de prescriptions anticipées. - Prescrire le «bon médicament» et réaliser le pansement au «bon moment» en respectant le délai d'action des différents opioïdes ou topiques locaux. - Faire une prescription anticipée si risque d'accès douloureux imprévisible notamment la nuit. - Respecter l'adage : «ni trop ni trop peu» et éviter le sous ou surdosage médicamenteux (titration des opioïdes si nécessaire, notamment par voie IV en postopératoire immédiat). - Connaître les effets indésirables des molécules prescrites pour savoir les éviter ou les diagnostiquer. - Craindre les interactions médicamenteuses potentielles avec le traitement habituel du patient souvent fragile, poly pathologique et poly médiqué (patient âgé et/ou en réanimation). - Toujours faire une prescription personnalisée tenant compte du métabolisme hépatique et de la clairance rénale du patient afin d'éviter la iatrogénie. - Choisir la voie d'administration (per os, sous cutanée, IV, seringue électrique autopropulsée, transdermique) adaptée au degré de conscience, à d'éventuels troubles de déglutition et à la compliance du patient en privilégiant si possible la voie orale qui apporte une biodisponibilité plus stable. - Connaître et utiliser les synergies d'action des molécules et savoir associer topiques locaux et traitement par voie générale pour diminuer les posologies et donc les effets secondaires.

 

4. QUELLES QUESTIONS DOIT-ON SE POSER POUR TENTER DE CORRIGER UN ÉCHEC DE PRISE EN CHARGE MÉDICAMENTEUSE DE LA DOULEUR (3)?

- la ou les composantes de la douleur sont-elles toutes diagnostiquées ? Donc éliminer une erreur ou une insuffisance d'évaluation clinique de la douleur. - le bon antalgique du bon palier selon l'OMS a-t-il été prescrit ? - la posologie est-elle suffisante ? - la voie d'administration est-elle adaptée : le patient vomit-il ? A-t-il des troubles de déglutition contre-indiquant la voie orale ? - Y a-t-il une erreur d'administration ? Une forme LP ne doit pas être pilée, la détersion doit être effectuée au pic d'efficacité de l'antalgique… - Y a-t-il une mauvaise observance ? La prescription a-t-elle été expliquée de façon claire et comprise par le patient ? La prise en charge relationnelle est-elle optimale ? - Y a-t-il prescription de traitements médicamenteux (co-analgésiques) et non médicamenteux en cas de facteurs majorants, psychogènes notamment ?

 

En conclusion

Comme l'exprime Epicure : «le plus grand plaisir pour le corps consiste à ne pas souffrir et pour l'âme à être sans trouble». Le médicament est un enjeu relationnel majeur, notre devoir et notre défi de soignant est de traiter toutes les formes de la douleur de l'escarre en connaissant au mieux tous les traitements médicamenteux à notre disposition afin d'utiliser «le bon médicament, de la bonne façon, au bon moment».

 

(1) Prévention et traitement de l'escarre de l'adulte et du sujet âgé. Conférence de consensus, novembre 2001 www.has.fr

(2) www.santé.gouv.fr : la douleur en questions

(3) Queneau P, Ostermann G, Le médecin, le malade et la douleur : (tome 2) moyens thérapeutiques, Masson 2004

(4) EAPC recommandations Br J of Cancer 2001 84(5), 587-593

(5) Principles of best practices: minimising pain at wound dressing-related procedures; Consensus document London MEPL td 2004

(6) EPUAP et NPUAP : traitement des escarres ; guide de référence abrégé 2009

(7) Bouhassira D. et Attal N. Douleurs neuropathiques. Editions Arnette Groupe Liaisons S.A. 2007

(8) : Martinez V, Attal N, Bouhassira D, Lantéri- minet M : les douleurs neuropathiques chroniques : diagnostic, évaluation et traitement en médecine ambulatoire. Recommandations pour la pratique clinique de la SFETD ; Douleurs, 2010 (11),3-21